La réponse est oui. Les fleurs contribuent généralement à la préservation de l’environnement : elles favorisent la pollinisation, enrichissent les sols, soutiennent les écosystèmes. Cependant, elles peuvent aussi exercer lui être néfastes. Contre toute attente, l’industrie florale est polluante tandis que l’introduction d’espèces invasives est problématique pour l’écologie.

Les conséquences sur l’environnement de l’industrie des fleurs

La culture intensive de fleurs, destinée au commerce, ont des conséquences négatives sur l’environnement. Elle gaspille trop de ressources et engendre une forte pollution. Ces effets sont amplifiés par le manque de traçabilité : la majorité des fleurs vendues en France sont importées du Kenya, de l’Éthiopie et de l’Équateur.

Une consommation trop importante d’eau

La production de roses nécessite entre 7 et 30 litres d’eau par bouton floral. Cette situation risque d’entraîner l’assèchement et la pollution de plans d’eau. C’est ce qui se produit déjà au lac Naivasha au Kenya. D’une manière générale, dans les pays du Sud producteurs de fleurs, les besoins en eau pour maintenir des conditions climatiques idéales exacerbent les problèmes d’approvisionnement hydrique. Résultat, des drames écologiques sont en cours, pour ne citer que la pollution des lacs.

L’utilisation de pesticides et engrais chimiques

Les fleurs coupées (roses, lys, chrysanthèmes, etc.) requièrent davantage de produits chimiques que la plupart des cultures agricoles. C’est à cause des normes esthétiques strictes. Un bouquet de roses peut contenir en moyenne 15 substances, dont des fongicides, néonicotinoïdes et insecticides. Pire, les producteurs peuvent utiliser jusqu’à 25 produits chimiques différents. Parmi eux, il y a des pesticides interdits en Europe comme le DDT. Ces substances s’infiltrent dans l’eau et les sols. Elles menacent la biodiversité et contaminent les écosystèmes. Les monocultures sous serre sont les plus polluantes.

Une émissions de gaz à effet de serre un peu trop élevée

La culture sous serre chauffée en Europe consomme dix fois plus d’énergie qu’en plein air et génère autant de CO₂ que l’importation de fleurs d’Afrique. Le transport aérien, nécessaire pour acheminer 95 % des fleurs importées vers l’Europe, émet des quantités importantes de gaz à effet de serre. Et pourtant, les voyages pouvant durer jusqu’à 72 heures. C’est le cas des roses kenyanes. Un bouquet peut émettre de quelques kilogrammes à plusieurs dizaines de kilogrammes de CO₂, selon le mode de production et de transport.

Des espèces invasives qui posent problème

Des fleurs ou plantes à fleurs introduites artificiellement peuvent devenir invasives. Et lorsque c’est le cas, elles finissent par perturber tous les écosystèmes locaux. Car elles entrent en compétition avec les variétés autochtones pour l’espace, la lumière, l’eau et les nutriments. Malheureusement, souvent, elles remportent cette bataille, entraînant l’exclusion des espèces indigènes et une réduction de la biodiversité. Prenez le cas de la jussie ou celui la berce du Caucase. Elles sont capables de modifier les caractéristiques physiques et chimiques des habitats tant et si bien qu’elles provoquent l’anoxie des plans d’eau. Il se produit alors une diminution de 50 % de la diversité végétale dans les zones envahies. Le houblon du Japon, quant à lui, réduit de 95 % la diversité végétale et altère la structure des écosystèmes. Ces invasions altèrent le fonctionnement global des écosystèmes. Elles favorisant une perte en cascade de la biodiversité et, dans de rares cas, elles donnent naissance à des espèces hybrides délétères.

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